R.I.P Pilule! R.I.P. Burton!

«Mon chien est mort!» est souvent une expression drôle quand on raconte une histoire. Mais quand ça représente la triste réalité d'une belle histoire d'amour qui se termine, c'est autre chose.  J'ai commis un texte humoristique il y a quelque temps, utilisant cette expression bien connue. C'était sans penser que la réalité allait bientôt me frapper de plein fouet. 

Comme Charles pour Burton, j'ai aussi partagé les quinze dernières années avec elle. C'était mon amie.  Le 17 octobre 2025, ma petite Schnauzer, Pilule de son nom, décédait au pied de mon lit un vendredi à minuit. La fin était proche. Nous avions décidé de lui offrir l'aide à mourir le lundi suivant. Nous avions cependant prévu une dernière promenade avec elle en VR cette fin de semaine-là. Pilule était une voyageuse si extraordinaire. Elle nous accompagnait partout où nous allions. C'aurait été son dernier voyage mais le temps s'est fait trop court.

L'animal qui partage notre vie est un ami et un confident fidèle qui nous aime inconditionnellement. Pour remercier Pilule de nous avoir aimés, j'aurais voulu écrire quelque chose de beau pour partager mon deuil avec mes amis FaceBook, sortir les belles photos de son parcours avec nous au fil des ans. Faire comme notre confrère Charles qui a fait un si beau témoignage à SON Burton. En lisant le texte touchant de Charles pour son compagnon disparu, j'ai revécu, pour MA Pilule, les mêmes sentiments que ceux que partage ici notre confrère lorsqu'il nous confie les beaux et bons moments qu'il a vécu avec son ami. Je les fais miens en pensant à ce que Pilule nous a fait vivre au cours de ces années de «vie commune». Pilule a eu une belle vie avec nous et nous avec elle. (André Doré, Webmestre du REVER)

Burton...

Charles (Rochette) résume bien, ici, dans l'hommage qu'il a partagé sur le groupe «Vétérinaires du Québec», ce qu'a représenté pour lui son ami à quatre pattes et les beaux souvenirs qu'il lui laisse. Pilule pour moi et Burton pour Charles ne nous quitteront jamais...

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Septembre 2025

ll est arrivé dans ma vie juste après ma graduation, alors que je venais de terminer mon doctorat en médecine vétérinaire. Je l’ai rencontré sur ma table d’examen à la SPCA de Montréal. Il avait été abandonné entre deux portes d’un immeuble à logements. Et dès son entrée à la SPCA, il avait testé positif au parvo. À cette époque, les animaux positifs n’étaient pas gardés. J’ai décidé de l’hospitaliser quand même, et il s’est avéré être fort probablement un faux positif.

Au moment où on ne pensait plus qu’il avait le parvo, je l’ai emmené dehors et je lui ai lancé la balle quelques fois dans le stationnement de la SPCA. J’ai tout de suite su que c’était mon chien.

À l’époque, j’étais retourné vivre chez mes parents, en mettant de l’argent de côté pour ouvrir ma clinique. Mes parents partaient en vacances une semaine plus tard. Alors je l’ai caché à la SPCA pendant toute cette semaine-là, jusqu’à ce qu’ils partent, et je l’ai ramené à la maison . Il devait avoir environ un an.

Il a partagé ma vie de mes 27 ans jusqu’à mes 42 ans. Il a traversé avec moi toute ma jeunesse post-études. On a construit ensemble la première version de ma clinique. J’ai dormi avec lui dans le préopératoire de la clinique, parce qu’au début je vivais carrément dans ma clinique, dans un lit mural installé là.

Quand j’ai voulu louer un appartement, parce qu’il n’y avait pas de bon sens de vivre dans ma clinique, ça a été compliqué : personne ne voulait louer à quelqu’un qui avait un chien. Une amie m’a finalement prêté l’argent dont j’avais besoin pour acheter un condo et partir avec lui.

Il venait travailler avec moi à la SPCA de Montréal, à la Clinique Vétérinaire Beaubien et à ma propre clinique. Je l’emmenais partout, tout le temps .

J’ai tenté à quelques reprises d’adopter un deuxième chien, en prenant des rescues en famille d’accueil. Mais je n’arrivais pas à les aimer autant que lui. Je finissais toujours par les replacer dans d’autres familles pour adoption.

Burton, on voyait son âme dans ses yeux . Ce qu’on ne voyait pas dans les yeux des autres chiens. Son âme transperçait son regard. Je disais toujours à la blague (pas tant que ça) que Burton, lui, avait une âme… alors que les autres chiens n’en avaient pas.

Quinze ans de partage où je l’amenais partout. Où il participait à tous mes projets. Il était tellement énergique que, lorsqu’il arrivait à côté de mon Jeep , il sautait directement à l’intérieur par le côté.

Il y a environ trois ans, il a eu un adénocarcinome des glandes apocrines des sacs anaux. On est allé voir l’oncologue et je me souviens lui avoir dit :

« Ce chien-là ne va jamais mourir. »

Ce à quoi l’oncologue a tenté de rester rationnel un peu. Et moi de lui répliquer :

« Non non, tu comprends pas, ce chien-là ne peut pas mourir. »

J’ai probablement eu l’air du client le plus fou, sortant toutes les études sur les adénocarcinomes des sacs anaux, les statistiques de survie, les traitements disponibles. Bref, je n’étais plus le vétérinaire, j’étais devenu un vrai propriétaire de chien. Un peu intense.

On l’a fait opérer une, puis deux, puis trois fois, même avec une récidive et des métastases qu’on est allés enlever.

Lors de son suivis, en février dernier, je venais d’acheter un chalet dont je prenais possession en mai. J’ai dû encore avoir l’air un peu fou devant l’oncologue en lui disant que j’avais promis à mon chien qu’il aurait un chalet et en lui demandant s’il allait se rendre en mai. Parce qu’il aimait tellement la campagne. Bref, j’ai encore eu l’air du propriétaire un peu intense.

Un ami m’a dit que j’étais probablement le seul fou à acheter un chalet pour son chien. Mais Burton l’a vu. Il y a passé de beaux moments, malgré qu’il commençait à avoir l’usure du temps. Il a senti le gazon, la forêt, les feuilles. Il est allé dans l’eau , comme il aimait tant. Burton adorait l’eau. S’il y avait un plan d’eau là où on allait, la première chose qu’il faisait en sortant de l’auto, c’était d’aller nager.

Je ne pourrai jamais remplacer Burton. Il n’y aura jamais un autre chien avec le même regard que le sien. Jamais un autre chien n’aura une âme aussi transperçante que la sienne .

J’ai aimé partager ma vie, mes joies, mes épreuves et mes nombreux projets avec lui. Tu vas tellement me manquer, Burton.

Charles Rochette

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C'est beau l'amour...!!!  ;-) 

«Plus je connais les hommes, plus j'aime mon chien.» (Anonyme)